Exploration du flux – Seuil (coll. Fiction & Cie), 2018

„Notre corps, il n’a pas besoin de la misère des autres, il a déjà assez de manques qui le font souffrir, des manques de fer et des manques de zinc, des manques de minéraux et des manques d’amour, il n’a pas besoin de la guerre des autres“

Exploration du flux dans l’émission „Un livre, un jour“ d’Olivier Barrot sur France 3

Entretien avec Anik Schuin pour l’émission Versus-Lire sur la Radio Télévision Suisse (RTS)

Eleonore Sulser pour Le Temps: „Que peut la littérature face au monde? Face à ce qui advient? Cette question, Marina Skalova la pose de front, de façon brûlante et engagée.“

Martine Laval pour Siné Mensuel: „Vlan! Une claque. Soixante pages, rien que ça, aussi féroces que cocasses. Soixante pages pour dire l’exil, le monde tel qu’il tourne si mal. Soixante pages suffisent à Marina Skalova pour nous envoyer nos aveuglements au coin de l’oeil.“

Thierry Raboud pour La Liberté: „Un texte puissant, sonore, rythmé comme la polyphonie d’une pensée inquiète et lucide face à l’émergence d’une Europe forteresse. Les perceptions se bousculent, surgissent dans la langue où les flux migratoires, financiers, numériques, maritimes et corporels s’amalgament. Un texte qui, à force de se maintenir à flot, devient lui-même flux tandis que le sens glisse sur les mots. On y lit surtout une angoisse face au retour des plus sombres heures de l’histoire européenne.“

Anne Pitteloud pour Le Courrier: „D’une prose ample, nette et fluide, dont le ton faussement naïf permet toutes les questions, l’auteure met en résonance flux migratoires, flux corporels, flux d’informations, flux financiers et flux marins. Dans ce mouvement qui abolit les frontières, elle nous met face à nos contradictions de manière très fine, jetant des passerelles entre le corps et le politique. (…) Que restera-t-il de ces mots? Une trace, simplement, une tentative de dire, avant que les vagues ne coupent la parole. Telle est l’humble conclusion de ce grand petit livre.“

Adrien Meignan pour Addict-culture: „Par une observation étymologique, le texte semble puiser sa force dans la colère et surtout le désarroi face à la situation. Il y a quelque chose de magique dans cette énergie de l’auteure à mener, avec les seuls mots, un combat contre la malhonnêteté humaniste de l’Europe. On ressent à la lecture de ce texte la férocité de l’abattement qui peut tout arrêter.“

Guenaël Boutouillet pour son Tumblr: „Le livre contient le flux. À l’origine, des textes d’intervention, récit hybride, mis en ligne sur remue.net par le cher et immense Philippe Rahmy, à qui le livre est dédié. Un texte en tension maximale, par l’observation des « migrants » depuis le langage (ou du langage depuis les « migrants » ; car ce texte telle une folle machine, spirale son lecteur). Deux flux au moins en regard oblique : celui des êtres, celui des informations. La forme livre, enserrant la spirale, compactant les entrelacs, est un nouveau détonateur, pour ce texte phénoménal, incroyablement agi, agité, agissant.“

Fabrice Thumerel pour Libr.Critique: „Notre XXIe siècle conjugue les flux pour le meilleur, mais surtout pour le pire : flux financiers, migratoires, communicationnels… En fin de compte, dans la forteresse de notre corps comme de notre monde, „tout circule, le sang, le sperme, les eaux, la merde“… La crise migratoire est traitée du 11 septembre 2015 au 8 mars 2016 dans cet apologue critique qui télescope les isotopies pour faire déraper les significations.“

Sophie Joubert pour l’Humanité: „Les mots cognent, réveillent. Au fil des pages, ils se tarissent, se raréfient, comme gagnés par l’impuissance, laissant la place au vide, à la disparition. Un coup de poing à l’estomac.“

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« Ils vidaient ma parole comme une coque de noix de coco. Ils laissaient s’écouler le jus, sur l’asphalte. Plus tard, ils prendraient soin de contourner la flaque. Ils éviteraient de marcher dedans. Il ne fallait pas que mes mots se collent à leurs chaussures. “

Amarres, Récit – L’Âge d’Homme, Lausanne, 2017

Presse (extraits)

Dominique Bressoud pour La Librairie Francophone (France Inter): „Un texte dur mais d’une écriture vibrante, très originale, avec des mots qui chuchotent et qui hurlent, tour à tour. La douleur de l’exil, écrite dans une langue sauvagement poétique.“

Geneviève Bridel pour le Prix „Le Roman des Romands“: „Amarres est une chronique de notre temps, elliptique et cruelle, au titre ironique, qui laisse toute liberté au lecteur de la situer sur la carte du monde et de s’interroger sur ceux qu’il côtoie sans les regarder.“

Elisabeth Jobin pour Le Temps: „Amarres est moins un texte sur le processus d’intégration qu’une allégorie sur l’intolérance. Sur une île qui semble nier tout apport de l’extérieur, un bagage migratoire est forcément moins légitime qu’une identité nationale.“

Julien Burri pour Couleurs 3 (Radio Télévision Suisse): „Rien n’est sauvé, il n’y a pas de redemption chez Marina Skalova. Un matérialisme tranchant, rugueux, très fort.“

Maxime Maillard pour Le Courrier: „Bref et concentré, le texte se compose de courts paragraphes disposés sur la page comme des versets. Entre observations et impressions intérieures, le narrateur arpente une terre hostile, buttant contre la barrière des coutumes et l’opacité des mots.“

Amandine Glévarec pour Kroniques.com: „Alors il y a la montée en puissance d’un texte doux et mélancolique, (…) sentiment d’injustice mêlée, et l’indignation, bien sûr l’indignation, l’exaspération car l’histoire tend tellement à se répéter qu’elle en devient lassante. Pas à situer, pas à nommer, portée universelle d’un tout petit roman dont la fiction n’est que trop réelle.“

Pascal Schouwey pour le blog Voix de plumes: „Un texte qui interpelle le lecteur et l’oblige à s’interroger sur son propre rapport à l’autre. Et toujours ce rythme de la phrase, ce souffle de la langue, le travail insidieux des mots. La force de la littérature en somme.“

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« les mots cachent la misère
sous leur tapis de syllabes

la poussière sous le lit
fait pelucher l’abcès

l’absence n’est
que pelotes grises

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worte kaschieren das übel
unter ihrem silbenteppich

der staub unterm bett
macht die wurzeln fusselig

abwesenheit ist nichts
als graues geknäuel “

Atemnot (souffle court) – Prix de la Vocation en Poésie – Cheyne éditeur, Le Chambon-sur-Lignon, 2016

Presse (extraits)

Entretien pour l’émission Versus-Lire sur la Radio Télévision Suisse avec David Collin

Antonio Rodriguez pour Poésie Romande: „Un livre de poèmes saisissant comme une petite révélation. Avec Atemnot (souffle court), Cheyne 2016 – prix de la vocation, Marina Skalova entre en poésie, soufflant un air froid, sec, rompu. Mais sa poésie par fragments élabore progressivement un territoire propre ; non habitable, simplement respirable.“

Félix de Montety pour Recours au poème: „Ici les deux langues sont un peu l’une l’autre, s’irriguent, pompent leur sangs que le poème rend compatibles, c’est le cœur battant de « l’imagination translingue » que décrivait Steven Kellman.“

Françoise Delorme pour la revue Friches: „Curieusement, alors que tout semble perdu d’avance, alors qu’un paysage dévasté comme ceux du peintre Anselm Kiefer s’ouvre, quelqu’un respire et quelqu’un dit : malgré tout j’existe, je parle.“

Marc Verhaverbeke pour le blog main tenant: „Ces textes courts prennent ainsi une ampleur étonnante et des corps, cette poésie fait des paysages, cicatrices de barbelés, une Europe minée dont « les mots ne sauvent / pas les choses »

Francis Richard pour son blog littéraire: „En peu de mots beaucoup de choses sont dites. Mais ce qui est dit coupe le souffle par l’intensité qu’ils peuvent prendre, en dépit ou peut-être à cause de la concision des phrases qu’ils composent.