« Arriver,  ar-rive-r – ça commence avec la rive, c’est sur la rive qu’on arrive, la rive qui nous borde et nous déborde, la rive dont on dérive, dont nous sommes dérivés. Arriver, qu’est-ce que c’est, ça existe ? »

Silences de l’exil est un projet entrelaçant le langage des mots et celui des images, conduit par Marina Skalova, écrivain, en collaboration avec Nadège Abadie, photographe.

En été 2016, les deux artistes ont proposé des ateliers bilingues d‘écriture et de photographie auprès de demandeurs d’asile dans le cadre d’une résidence de trois semaines à C-FAL Genève, puis à Bienne et à Neuchâtel.

Le projet est né d’une réflexion sur la dépossession de la langue, qui caractérise les trajectoires migratoires. La notion de Sprachlosigkeit en allemand, qui désigne à la fois une perte et un mutisme, est à l’origine de ce projet. L’expérience de cassure, de brisure de la langue, propre à la situation des migrants, est au coeur de la démarche de Silences de l’exil.

Les textes, images et sons créés à partir des ateliers, par les deux artistes et les participants ont été présentés au public lors d’une exposition interdisciplinaire à C-FAL Genève du 21 octobre au 4 novembre 2016. L’exposition est reprise au théâtre POCHE/GVE en automne 2017, puis à la Fondation Bibliomedia lors du Printemps de la poésie 2018.

Un livre est en préparation aux éditions d’en bas à Lausanne pour début 2019.

ça va pas
la tête
ça va pas
dans la tête

dans la tête
ça va pas
moi la nuit
ça va pas
j’habite à la Suisse
ça va pas

moi la nuit
je peux pas dormir
moi je me souviens pas
ce que j’ai dormi

la nuit je vois pas
les dessiner les photos

je me souviens
moi je peux pas