intiment
[3eme personne du pluriel]

intiment [3e personne du pluriel] est une tentative de généalogie : extraire la violence – une violence structurelle, ancrée dans la langue russe entendue depuis la petite enfance – qui a jalonné le parcours d’un personnage féminin. Resurgissent des phrases, des gestes, des chansons, les particules d’une mémoire intime qui l’ont façonné. Des passages plus documentaires fonctionnent en écho aux scènes consacrées à l’intimité de « tu » – l’ensemble forme un tout, mettant en exergue un système, par-delà les frontières russes.

Éditions des Lisières

Date de parution : 2 octobre 2024
60 pages – 13,5 × 20,3 cm

Couverture à rabats sur Freelife Merida Scarlet 215 g
illustrée d’une linogravure originale de Lætitia Gaudefroy Colombot

isbn 979-10-96274-39-0

Échos

“Les jeunes filles et les femmes sont pour les familles et les nations, des investissements. Les jeunes filles et les femmes voient leurs bouches, leurs cuisses, leurs lèvres, leurs utérus forcés à coups de langues, de doigts sales et de sondes missionnées par les tenants de l’obstétrique. Dans ce poème dramatique, tressautant, gorgé, Marina Skalova engage et déchaîne un dialogue de femme à fille — de soi à soi. Un dialogue différé, échafaudé sur les échos qui, de la Russie soviétique et actuelle, parviennent aux villes d’Europe où pèse encore, partout, la dette familiale, la dette nationale, la dette au mari, au copain, au quidam. La dette, au fond, d’être née, qui ne saurait pour faire honneur, qu’être soldée par l’accouchement. (…) Au milieu d’elles, au milieu d’eux : la voix d’une femme comme un geyser.” (Revue Ballast)

“L’écriture de Marina Skalova, ici, se fait cri. Cri de protestation, de rage, de fureur devant la violence structurelle envers les femmes dans une société faite en majorité par et pour les hommes. Quel angle nouveau apporte la poétesse sur un thème qui, désormais et tant mieux, fait beaucoup littérature ? La poésie, justement.” (Florent Toniello pour Accrostiches)

“Un petit livre à la couverture rouge qui ne craint pas d’être cru : pas de voile pudique, quand ça saigne, ça saigne.” (Sophie Ehrsam pour En attendant Nadeau)

“Fond et forme dialoguent à la faveur d’un puissant montage poétique, qui excelle à dire cette patriarchie où les «valeurs familiales traditionnelles» valent pour seule boussole morale et où «l’offense des sentiments» vous condamne au Goulag.” (Thierry Raboud pour La Liberté)

Radio :
Entretien avec Salomé Kiner pour QWERTZ sur la Radio Télévision Suisse (RTS)

Vidéo : Entretien avec Azélie Fayolle pour Un grain de lettres

Théâtre & traduction

intiment [3eme personne du pluriel] existe aussi sous forme de poème dramatique pour le théâtre.

Il a changé de nom plusieurs fois.

Il a été lauréat de l’Aide à la création d’Artcena sous le titre Tu te souviens des phrases.

Il a été traduit vers l’allemand par Annina Haab pour l’anthologie SCÈNE 24, sous le titre “Erinnerst du die Sätze”.

Sous sa forme théâtrale, il est représenté par Suhrkamp Theaterverlag, désormais sous le titre “Davon erholt man sich prächtig”.